Dossier de soins infirmiers : 5 règles à respecter

Droit de prescription infirmier

Table des matières

Le dossier de soins infirmiers (DSI) est un outil incontournable pour les infirmiers libéraux. Véritable fil conducteur du suivi du patient, il assure la continuité des soins, la coordination entre professionnels et le respect du secret médical. Bien tenu, il protège à la fois le patient et le professionnel. Voici les cinq règles essentielles à respecter pour une gestion exemplaire du dossier de soins infirmiers.


Le DSI regroupe toutes les informations nécessaires à la bonne prise en charge du patient à domicile. Il contient :

  • Les données administratives (identité, coordonnées, médecin traitant, personnes à contacter, etc.) ;
  • Les prescriptions médicales et ordonnances ;
  • Les observations cliniques quotidiennes de l’infirmier(e) (état général, constantes, réactions au traitement) ;
  • Le plan de soins et les transmissions entre professionnels ;
  • Les bilans d’évolution ou les fiches de liaison en cas de relais hospitalier ou de remplacement.

Qu’il soit tenu sur papier ou au format numérique, le DSI doit être lisible, complet et actualisé après chaque intervention. En cas de contrôle ou de litige, il constitue une preuve de la qualité des soins prodigués.

Comme tout document de santé, le dossier de soins infirmiers est soumis au secret professionnel. L’article R.4312-4 du Code de la santé publique rappelle que l’infirmier(e) est tenu(e) de préserver la confidentialité des informations recueillies auprès du patient.
Cela implique plusieurs obligations :

  • Limiter l’accès au dossier aux seuls professionnels participant à la prise en charge ;
  • Sécuriser le stockage (armoire fermée, mot de passe, cloud santé agréé, messagerie sécurisée MSSanté, etc.) ;
  • Éviter toute diffusion non autorisée, notamment par SMS ou email personnel ;
  • Sensibiliser les collaborateurs ou remplaçants à la confidentialité des données.

La violation du secret médical peut entraîner des sanctions disciplinaires, civiles ou pénales. Respecter la confidentialité, c’est donc protéger le patient mais aussi sa propre responsabilité professionnelle.


Tout patient a le droit d’accéder à son dossier de soins infirmiers, conformément à l’article L1111-7 du Code de la santé publique.
Sur simple demande, il peut consulter sur place son dossier ou en obtenir une copie (papier ou numérique).
L’infirmier(e) doit alors :

  • Vérifier l’identité du demandeur (patient, représentant légal, mandataire) ;
  • Répondre dans un délai raisonnable ;
  • Conserver une trace écrite de la demande et de la communication effectuée.

Cette transparence contribue à instaurer une relation de confiance entre le patient et le professionnel. En revanche, l’accès peut être refusé si la demande concerne des informations sur un tiers ou si la loi l’interdit expressément.

Les informations de santé doivent être conservées pendant 20 ans à compter de la dernière prise en charge du patient (article R1112-7 CSP).
Cette règle s’applique également aux infirmiers libéraux exerçant en cabinet individuel ou en structure.

En cas de cessation d’activité (retraite, déménagement, décès), il appartient à l’infirmier(e) de :

  • Informer les patients de la fermeture du cabinet ;
  • Organiser l’archivage ou le transfert sécurisé des dossiers vers un successeur, un confrère ou les archives départementales ;
  • Veiller à la destruction conforme des dossiers périmés ou non réclamés, dans le respect du RGPD.

Un manquement à ces obligations peut engager la responsabilité du professionnel en cas de perte, divulgation ou défaut de transmission du dossier.

La traçabilité des soins est au cœur du métier d’infirmier(e) libéral(e). Chaque transmission écrite ou observation consignée dans le DSI engage la responsabilité de son auteur.
Pour garantir une traçabilité rigoureuse, il est essentiel de :

  • Dater et signer chaque entrée dans le dossier ;
  • Mentionner clairement le nom du professionnel ayant réalisé le soin ;
  • Assurer la continuité de l’accès pour les remplaçants, collaborateurs et équipes intervenantes ;
  • Utiliser des outils numériques adaptés permettant un partage sécurisé des informations (logiciels métier, plateforme e-santé, etc.).

Un DSI bien tenu favorise une meilleure coordination des soins entre les différents acteurs du parcours patient : médecins, kinésithérapeutes, pharmaciens, aides-soignants, etc.

En résumé, le dossier de soins infirmiers n’est pas une simple formalité administrative : c’est un outil clinique, juridique et éthique.
En respectant les règles de confidentialité, de conservation et de traçabilité, l’infirmier(e) libéral(e) garantit la sécurité du patient et renforce la reconnaissance de sa pratique professionnelle.
Chaque note, chaque transmission, chaque observation contribue à construire un suivi cohérent et de qualité, au service d’un seul objectif : le bien-être du patient à domicile.

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