Cancer du foie : facteurs de risque, diagnostic et traitement

cancer foie cause diagnostic et traitement

Mise à jour: 15 février 2023

En France, les cancers du foie sont relativement fréquents. Ils touchent environ 8000 Français chaque année et prédominent chez les hommes (80% des cas).

Souvent diagnostiqué tardivement (3 fois sur 4), le pronostic d’un carcinome hépatocellulaire est mauvais et son traitement, difficile.

Quels sont les facteurs de risque liés au cancer du foie? Comment diagnostiquer ce cancer ? Quels sont les traitements possibles ?

Medicalib vous en dit plus à ce sujet. 

Cet article, destiné au grand public, s’appuie sur les données scientifiques disponibles sur le sujet traité, à sa date de mise à jour.
Il n’a pas vocation à se substituer aux recommandations et préconisations de votre médecin.

I – Cancer du foie : de quoi parle-t-on ?

Organe de l’appareil digestif le plus volumineux du corps, le foie se situe au niveau de la partie supérieure  droite de l’abdomen. C’est un organe essentiel de l’organisme dont les 3 fonctions principales sont les suivantes :

  • “Épuration des toxines et des déchets sanguins
  • Assimilation et stockage d’éléments nutritionnels (lipides, glucides, vitamines et fer) ; 
  • Synthèse de protéines qui entrent dans la composition du sang (albumine, ferritine…), notamment celles qui permettent le contrôle de la coagulation (fibrinogène, prothrombine…).”[1]

Le cancer du foie est une maladie qui peut se présenter sous différents types de tumeurs : carcinome hépatocellulaire (85-90% des cas), cholangiocarcinome (10-15%), hépatoblastome, …

II – Cancer du foie : facteurs de risque

Dans la majorité des cas, le cancer du foie survient au cours de l’évolution d’une maladie déjà existante, comme une cirrhose ou une hépatite. 

PARMI LES PRINCIPAUX FACTEURS DE RISQUE DU CANCER DU FOIE, ON RECENSE :

SEXETouche principalement les hommes (80% des patients).
ÂGEL’âge moyen du diagnostic est entre 50 et 60 ans.
CIRRHOSE95% des patients qui développent un cancer du foie ont une cirrhose
ALCOOLConsommation excessive et prolongée d’alcool (70% des cas)
HOMME : plus de 3 verres par jour
FEMMES : plus de 2 verres par jour
VIRUS HÉPATITE B ou CMaladie chronique (15% des cas)

*Facteurs de risque de l’hépatite B : personnes non vaccinées, contamination sexuelles
*Facteurs de risque de l’hépatite C : usagers de drogues intraveineuses ou intranasales, contamination sexuelle
STÉATOHÉPATITE MÉTABOLIQUE NON ALCOOLIQUE (NASH)Cette maladie se caractérise par l’accumulation de graisse dans les cellules hépatiques pouvant entraîner une inflammation hépatique (20 % des cas)
Facteurs de risque : mauvaise hygiène de vie (alimentation peu équilibrée couplée à une absence d’activité physique), surpoids, …

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III – Cancer du foie : symptômes

Le cancer du foie est souvent asymptomatique au départ et peut donc rester longtemps silencieux.

PARMI LES PRINCIPAUX SYMPTÔMES DU CANCER DU FOIE, ON RECENSE :

  • une fatigue
  • une perte d’appétit
  • des nausées 
  • un amaigrissement important
  • des troubles digestifs
  • des douleurs dans la partie supérieure droite de l’abdomen
  • grosseur dans la  partie supérieure droite de l’abdomen, parfois détectable à la palpation
  • ascite : gonflement du ventre due à une accumulation de liquide dans la cavité abdominale
  • jaunisse au niveau de la peau et des yeux
  • encéphalopathie hépatique : les toxines ne sont plus éliminées et s’accumulent dans le sang, provoquant confusion, perte de mémoire, somnolence …
Bon à savoirTout signe inhabituel persistant doit vous amener à consulter un médecin afin de déterminer la cause et la nature de cette anomalie.
Les symptômes du cancer du foie peuvent également se retrouver dans d’autres pathologies. Seul un médecin pourra confirmer le diagnostic.

III – Cancer du foie : diagnostic et dépistage

Le diagnostic du cancer du foie est souvent tardif.

Comme pour tout autre cancer, la détection précoce améliore considérablement les probabilités de guérison.

Plusieurs éléments permettent d’établir le diagnostic, à savoir :

EXAMEN CLINIQUE*Palpation : augmentation de volume du foie (hépatomégalie), ictère ou ascite.
*Antécédents personnels du patient

PRISE DE SANG
*Contrôle du taux d’alpha-fœtoprotéine (AFP)
*Contrôle de l’état du foie : vérification de la quantité des différents composés produits par le foie (transaminases, bilirubine, gamma-GT, taux de prothrombine)
ÉCHOGRAPHIEPermet de détecter la présence d’une masse suspecte, ou d’un nodule
TESTS D’IMAGERIE*SCANNER ou TOMODENSITOMÉTRIE : Scanner du thorax, de l’abdomen et du pelvis avec injection d’un produit de contraste
Permet de repérer d’autres nodules et d’éventuelles extensions de la tumeur sur d’autres organes (ganglion, os, poumon, glande surrénale, péritoine).

*IRM : En complément ou en remplacement du scanner.  Également pratiqué avec injection d’un produit de contraste
Permet de voir précisément la tumeur et une éventuelle extension vers des vaisseaux sanguins du foie.
BIOPSIERarement pratiquée
Prélèvement d’un échantillon de tissu pour un examen au microscope (histologie) lorsque les nodules sont de tailles intermédiaires et que l’AFP n’est pas augmentée.
FIBROSCOPIEFibroscopie de l’œsophage et de l’estomac (recherche de varices)

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IV – Cancer du foie : traitement

Le traitement variera en fonction de la taille, de la localisation de la tumeur, de son degré d’extension ainsi que de l’état général du patient.

TRAITEMENT :

CHIRURGIEAblation totale de la partie du foie dans laquelle la tumeur s’est développée.
DESTRUCTION PERCUTANÉEDestruction de la tumeur par la chaleur (radiofréquence) ou par le froid (cryothérapie). 
L’intervention est réalisée sous anesthésie générale.
CHIMIO-EMBOLISATION ou RADIO-EMBOLISATIONAdapté aux patients présentant un carcinome hépatocellulaire limité au foie. 
Injection de particules radioactives ou contenant un médicament de chimiothérapie dans l’artère hépatique.
TRANSPLANTATION HÉPATIQUELa greffe du foie permet de traiter à la fois la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire. 
Seulement moins de 5% des patients peuvent bénéficier de ce traitement qui va dépendre de l’âge de la personne atteinte, des facteurs de comorbidités, de l’étendue de la tumeur, et de la disponibilité de greffons.
RADIOTHÉRAPIEIndiquée généralement pour des patients présentant une tumeur dont la taille et/ou la fonction hépatique ne permettent pas la réalisation de traitements à visée curative.
THÉRAPIES CIBLÉESTraitement à base d’un médicament (Bevacizumab) associé à de l’immunothérapie qui ralentit la progression du cancer
Agit sur la vitesse de croissance des cellules cancéreuses en empêchant le développement des vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur
IMMUNOTHÉRAPIETechnique efficace pour le traitement du carcinome hépatocellulaire avancé L’immunothérapie n’agit pas directement sur les cellules cancéreuses mais, indirectement en stimulant les défenses immunitaires du malade dirigées contre ses propres cellules tumorales. 
Bon à savoirSURVEILLANCE : “Après le traitement, une consultation médicale tous les 3 mois s’impose durant les 2 premières années, puis tous les 4-6 mois pendant toute la vie.”[2].

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Sources :

  • [1]  Les cancers du foie – Fondation pour la recherche sur le cancer
  • [2] Suivi du cancer du foie – Institut national du cancer
  • Le cancer du foie : points clés – Institut national du cancer
  • Cancers du foie – Vidal – MAJ juillet 2020
  • Société savante des maladies et cancers de l’appareil digestif – Le cancer du foie – Interview du Professeur Christine SILVAIN – 2017
  • Cancer du foie – Gustave Roussy
  • Symptômes du cancer du foie : des signes cliniques diffus – Institut Curie – 26 mars 2017

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