Pose d’une sonde naso-gastrique (SNG), étapes et cotation

pose d'une sonde nasogastrique

Table des matières

La sonde naso gastrique (SNG) est un dispositif médical couramment utilisé en milieu hospitalier et à domicile. Elle permet d’assurer une alimentation entérale, une hydratation, l’administration de médicaments ou encore une aspiration gastrique selon l’indication médicale.

Bien que fréquente dans la pratique infirmière, la pose d’une sonde naso gastrique reste un soin technique qui nécessite une prescription médicale, une surveillance rigoureuse et le respect de règles précises afin de limiter les complications.

Pour les infirmiers libéraux, la prise en charge d’un patient porteur d’une SNG implique également la gestion de l’alimentation, du pansement, de la fixation de la sonde ainsi que le suivi de la cotation applicable.

Dans ce guide, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur la sonde naso gastrique, de sa pose à sa surveillance à domicile.


A – Définition

Une sonde nasogastrique (SNG) est un dispositif médical. Il s’agit d’un petit tuyau, introduit par les voies aéro-digestives supérieures (nasale), qui descend via l’œsophage jusqu’à l’estomac ou l’intestin grêle.


Il existe différents types de sondes gastriques qui répondent à différentes utilisations :

  • sonde d’hydratation et/ou nutrition entérale : en silicone ou polyuréthane. Souple ce type de sonde est assez résistant face à l’acidité digestive et peu permettre une utilisation sur une durée plus longue (max 30 jours)
  • sonde d’aspiration gastrique (prise d’air) : en PVC, cette sonde est plus rigide et moins résistante à l’acidité digestive. Elle n’est utilisée que pour max 3 à 4 jours. 
  • Tube de Faucher® (lavage gastrique).
  • Sonde de Blackmore® (acte médical).

B – Indications et contre-indications


La mise en place d’une sonde nasogastrique est principalement  envisagée pour [1] :

  • administrer des traitements, des antidotes, ou du produit de contraste…
  • permettre hydratation et alimentation : en cas d’apports nutritifs insuffisants, de dénutrition majeure, de troubles de la déglutition et/ou de la mastication, d’intervention chirurgicale et /ou d’affection de la région maxillo-faciale et ORL. [2]
  • aspirer : élimination de toxines ingérées, recherche de pathologies du tube digestif, syndrome occlusif, nécessité de repos gastrique en cas de nausées, vomissements répétés. [3]
  • prélever du contenu gastrique pour évaluer le saignement, le volume ou la teneur en acide

La mise en place d’une sonde nasogastrique est principalement déconseillée en cas de :

  • « traumatisme maxillo-facial grave
  • obstruction du nasopharynx ou de l’œsophage
  • anomalies œsophagiennes, telles que des ingestions caustiques récentes, des diverticules ou une sténose, en raison d’un risque élevé de perforation œsophagienne.
  • anomalies de la coagulation non corrigées » [4]

C – Cadre législatif pour la pose d’une SNG par l’infirmier

La pose d’une sonde nasogastrique est réglementée.  C’est un acte sur prescription médicale détaillé dans le décret 2004-802 du 29 juillet 2004 du référentiel de compétences.


Art R.4311-5 : dans le cadre de son rôle propre, l’infirmier […] accomplit les actes ou dispense les soins suivants […] : administration de l’alimentation par sonde gastrique, sous réserve des dispositions prévues à l’article R.4311-7 et changement de sonde gastrique ; soins et surveillance de patients en assistance nutritive entérale ou parentérale.


Art R.4311-7 : l’infirmier […] est habilité à pratiquer les actes suivants soit en application d’une prescription médicale  […], soit en application d’un protocole […]: pose de sondes gastriques en vue de tubage, d’aspiration, de lavage ou d’alimentation.




I – Préparation du matériel nécessaire

matériel médical sonde naso-gastrique
Prise de mesure sonde nasogastrqiue

II – Prise de mesure : calcul distance nez-oreille (1er repère) et oreille-ombilic (2ème repère) à l’aide de la sonde pour estimer la longueur à introduire.

III – Lubrifier la SNG à l’eau tiède ou avec du gel. Utiliser un spray anesthésiant local pour les fosses nasales (sur prescription médicale) afin de diminuer l’inconfort et la douleur à l’introduction de la sonde.

lubrification sonde nasogastrique
introduction sonde nasogastrique

IV – Positionner la tête droite, regard à l’horizontal et introduire la SNG perpendiculairement au visage. En cas d’obstacle, de résistance ou de douleur, ne pas insister et changer de narine. Lorsque 10 cm de sonde sont introduites, le patient sent la SNG au niveau de sa gorge. Lui demander d’incliner le menton sur le thorax puis de déglutir. S’il n’y a pas de contre-indication lui donner une gorgée d’eau à avaler et glisser la sonde en même temps.

V – Contrôler la bonne mise en place de la sonde : injection d’air par la sonde en contrôlant les «bruits» perçus au niveau de l’estomac avec le stéthoscope.

Test sonde nasogastrique
Prise de mesure sonde nasogastrqiue

VI – Fixer la sonde sur la joue avec un film transparent et passer la SNG derrière l’oreille. La fixation sur l’aile du nez favorise le risque d’escarre sur cette zone et gêne à la déglutition.

Bon à savoir“Lors de l’insertion de la sonde nasogastrique, il peut être utile de placer l’autre main derrière la tête du patient pour l’empêcher de tirer en arrière.” [5]
– L’élimination des déchets doit respecter la procédure institutionnelle pour les déchets infectieux et/ou souillés par des liquides biologiques.


DésignationCotation
Pansement de trachéotomie, y compris l’aspiration et l’éventuel changement de canule ou sondeAMI 3 
SFI 2,25
Pose de sonde gastriqueAMI 3
Alimentation entérale par gavage ou en déclive ou par nutripompe, y compris la surveillance, par séanceAMI 3


Qui peut poser une sonde naso gastrique ?

La pose est réalisée par un professionnel de santé habilité, sur prescription médicale.

Une sonde naso gastrique est-elle douloureuse ?

Le soin peut être inconfortable mais reste généralement bien toléré lorsqu’il est correctement expliqué et réalisé.

Combien de temps garder une sonde naso-gastrique ?

La durée varie selon le type de sonde et l’indication médicale, allant de quelques jours à plusieurs semaines.

Peut-on réaliser une alimentation sonde naso-gastrique domicile ?

Oui, sous surveillance infirmière et selon les modalités prescrites par le médecin.

Comment éviter qu’une sonde naso gastrique se déplace ?

Une fixation adaptée et une surveillance régulière permettent de limiter ce risque.

sonde naso gastrique

Notre mission : faciliter votre quotidien d’infirmier ou d’infirmière libéral(e) en vous proposant des solutions adaptées et des articles utiles à l’exercice de votre pratique professionnelle.

Notre Logiciel Infirmier Medicalib permet d’accompagner les infirmiers(ères) libéraux pour tout gérer avec un seul outil.

De la demande de soin à la télétransmission ! Grâce à votre téléphone, et au boîtier Medicalib, recevez des demandes de soin, planifiez, partagez, facturez, télétransmettez en toute sécurité.


Sources :

  • [1] Comment insérer un tube nasogastrique – Manuel MSD – MAJ avril 2020
  • [2] Pose de sonde nasogastrique chez l’adulte – Hôpitaux universitaires de Genève – MAJ juillet 2017
  • [3] Pose de sonde nasogastrique chez l’adulte – Hôpitaux universitaires de Genève – MAJ juillet 2017
  • [4] Comment insérer un tube nasogastrique – Manuel MSD – MAJ avril 2020
  • [5] Comment insérer un tube nasogastrique – Manuel MSD – MAJ avril 2020
  • [6] Complications de la nutrition entérale par sondeManuel MSD
  • Sondage Naso-Gastrique – Entraide ESU & IDE – MAJ 30 août 2017
  • La pose de sonde naso-gastrique : un soin redouté par les patients et par les soignants – ActuSoins – 2 juin 2014
logo web medicalib 20251
Vous souhaitez prendre RDV avec un.e :