Segur de la santé et les sages-femmes

Sages-femmes en colère : pour quelles raisons ?

Bien que les sages-femmes exercent une profession médicale, leur métier reste très peu reconnu avec un salaire comparable à celui d’une infirmière. Les sages-femmes se battent afin d’obtenir plus de reconnaissance. Alors comment s’explique la colère grandissante de ces professionnelles de santé ? Explications dans cet article.

Le quotidien d’une sage-femme

Le métier des sages-femmes est axé principalement sur l’accompagnement de la grossesse et de l’accouchement. La grossesse est une période particulièrement intense dans la vie d’une femme. La sage-femme s’assure alors du bien-être physique et psychologique de sa patiente et de son bébé à venir.

Ainsi, la sage-femme s’occupe de la surveillance de la grossesse : échographie, examens sanguins et urinaires, etc… Elle prend en charge les futures mamans tout au long des neuf mois nécessaires au développement du fœtus.

En dehors des accouchements à risque de complications (grossesse gémellaire, bébé en siège, etc…) et des césariennes obligatoirement pratiqués par un gynécologue-obstétricien, la mise au monde du bébé est accompagnée par cette spécialiste.

C’est elle qui organise les soins en salle de naissance et qui alerte le médecin en cas de complications. Elle gère aussi les situations d’urgence. Les sages-femmes libérales sont les cheffes d’orchestre des accouchements à domicile.

Par ailleurs, la prise en charge des sages-femmes ne s’arrête pas à la naissance du bébé. Elle se poursuit dans les semaines qui suivent la mise au monde de l’enfant. Le suivi post-natal ou encore la rééducation périnéale font ainsi partie des missions de la sage-femme.

Son rôle ne s’arrête pas là. La sage-femme s’occupe plus généralement de la santé des Femmes. Elle peut également accompagner les femmes et leurs partenaires sur des sujets comme la contraception, la sexualité ou encore la ménopause. Toutes les femmes peuvent faire appel à une sage-femme même en dehors du cadre de la grossesse.

Sage-femme couple et grossesse

Covid-19 : des sages-femmes délaissées et désabusées

La crise sanitaire liée au coronavirus a compliquée le quotidien des sages-femmes. Elles ont dû s’adapter pour assurer la prise en charge des femmes dans des conditions de travail parfois très difficiles. Lors du pic épidémique, les parturientes (femmes qui accouchent), interdites de visite, étaient souvent seules pendant l’accouchement et lors du séjour à la maternité. Cette solitude les rendaient particulièrement vulnérables.

Les sages-femmes ont également été oubliées lors de la distribution de masques réservés au professionnel de santé. Elles ont dû batailler pour obtenir l’équipement permettant de protéger les patientes d’une éventuelle contamination. La crainte s’appliquait aussi à ces professionnelles de santé, qui retournaient à leurs domicile en espérant ne pas infecter leurs familles.

Malgré les contraintes imposées par le virus, les sages-femmes n’ont reçu aucune prime pour leur travail durant l’épidémie. De plus, les mesures promises par le gouvernement à l’occasion du Ségur de la Santé n’ont pas été à la hauteur des attentes de la profession.

Ségur de la Santé : pourquoi sont-elles en colère ?

Alors que le Ségur de la Santé vient de prendre fin, la profession maïeuticienne gronde. Absentes des négociations faute d’invitation, les sages-femmes se sentent mises de côté. Pour cette raison, l’Ordre national des sages-femmes a publié une lettre ouverte à destination du Ministre de la Santé le 20 juillet dernier. En outre, le syndicat ONSSF (Organisation nationale syndicale des sages-femmes) a écrit aux différents élus afin de les informer de leurs revendications.

Les négociations du Ségur de la Santé ont été à l’origine d’espoir pour les professionnels de santé. Les sages-femmes pensaient pouvoir se faire entendre après des années à réclamer plus de reconnaissance de leur métier et plus de moyens alloués à la santé des Femmes.

Pourtant, les mesures annoncées restent minimes. Elles n’ont pas obtenu la reconnaissance de profession médicale malgré leur cursus (Master avec première année de médecine) et leurs nombreuses missions et responsabilités. À savoir, une sage-femme en début de carrière débute avec une rémunération moyenne de 1700€.

Le Code de la Santé Publique précise pourtant bien que les sages-femmes exercent une profession médicale. Ainsi, les sages-femmes hospitalières bénéficieront, tout comme les infirmières, d’une revalorisation salariale de 180€ mensuels là où les médecins hospitaliers verront leurs salaires augmenter de 1100€ par mois. De quoi attiser à nouveau la colère de la profession. Des négociations démarrent en septembre et porteront sur la revalorisation des salaires des sages-femmes hospitalières.

Échographie de contrôle par une sage-femme

Sources

France Bleu

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